L’INTERNET ET LA CLASSE DES LANGUES

Nous vivons dans une époque de révolution numérique. Après l’apparition de l’ordinateur la technologie ne cesse pas de se développer et de prendre une place de plus en plus importante dans nos vies. Depuis l’introduction des cassettes audio et vidéo, et plus tard des CD Rom les méthodes d’apprentissage des langues étrangères ont dépassé le recours aux livres pour se convertir à l’ordinateur. A partir des années 80 apparaissent les premiers logiciels d’apprentissage des langues. Ceux-ci se développent, se perfectionnent de plus en plus, deviennent plus efficaces avec de nouvelles possibilités offertes par le progrès technique. Il est ainsi possible aujourd’hui non seulement d’enregistrer sa voix et de réécouter mais aussi de la soumettre à l’analyse de l’ordinateur pour voir si elle est correcte ou pas. Outre les avantages que nous donne l’ordinateur (visualiser, écrire des textes, écouter, regarder) l’Internet nous offre en plus un niveau d’interactivité extrêmement élevé. (Possibilité d’être écouté, vu, dialoguer avec quelqu’un qui n est pas présent physiquement…).

Il n’est pas surprenant que les enseignants de langues soient attirés par ce qu’on peut voir a priori comme un inépuisable réservoir de ressources à caractère informatif et d’outils de communication. La machine prétend ainsi se substituer de plus en plus aux professeurs afin de permettre aux élèves d’apprendre seul.  Il s’agit de progrès technologique qui peut bien être mis au service d’apprentissage des langues. Mais bien entendu, les nouvelles possibilités techniques ne sont pas suffisantes pour développer de bons logiciels d’apprentissage ou pour l’utilisation du web dans l’apprentissage. Ça doit être le fruit d’un travail conjugué entre les programmeurs et des méthodologues des langues, adapter des méthodes existantes aux nouveaux supports ou utiliser des nouvelles méthodes pour intégrer l’Internet dans l’apprentissage de langues.

Une page web peut contenir du texte, des images, de la vidéo, du son, des schémas, des tableaux ou toute autre forme susceptible d’enrichir l’apprentissage, ou de compléter un thème précis dans le programme d’études de la classe de langue, autant de ressources disponibles pour les enseignants à exploiter selon le programme d’études, le thème lexical du cours, le sujet de conversation du jour ou tout simplement pour favoriser la lecture, pour éveiller la curiosité des apprenants vis-à-vis de sujet donné.

Selon le niveau des apprenants, de nombreuses activités peuvent être réalisées à partir d’une page web. Lecture et résumé des informations données; recherche d’une information précise sur un site ou utilisation des moteurs de recherche pour trouver des sites ou des information consacrés à un thème donné (par exemple : voyage vers une destination fixée, sport, cinéma, santé…) ; description d’une ou de plusieurs images (l’image permet une exploitation favorisant l’expression orale et écrite) ; dictée ou prise de notes à partir d’une information audio ou vidéo ; ou encore envoyer une carte postale ou de vœux etc. Toutes les activités peuvent être combinées et variées selon les objectifs, le matériel disponible, l’age et le niveau des apprenants.

Pour bien apprendre une langue, un apprenant a besoin d’accès à la langue (interaction avec des natifs ou d’autres apprenants de la même langue, suivre des nouveautés, avoir accès aux informations, aux dossiers qui l’intéressent). Dans ce sens l’Internet peut jouer un rôle très important pour les apprenants qui ne se trouvent pas dans le pays où l’on parle la langue cible. L’Internet permet la possibilité simple et irremplaçable de dialoguer avec d’autre personnes pratiquant la langue à apprendre, un avantage indéniable puisqu’il facilite la communication (écrite ou orale).

Pour travailler l’écrit l’apprenant peut utiliser l’e-mail, un message écrit peut être lu plusieurs fois, éventuellement à l’aide d’un dictionnaire ce qui oblige les apprenants à une lecture attentive. En outre, toutes les tournures usuelles dans le corps du message ainsi que les formes de salutation de début et de fin sont rapidement assimilées au fur et à mesure que les courriers arrivent, et deviennent des habitudes linguistiques. L’orthographe reprend sa place car les messages sont de vrais messages, et non plus des exercices de rédaction. Un mot mal orthographié gêne la qualité de la communication. Il est essentiellement question ici d’échange par courrier électronique entre apprenants se trouvant sur deux sites géographiquement distants. Il faut veiller à la qualité de l’organisation et du suivi de l’échange. Une séance peut être consacrée à la rédaction, à la correction des courriers à envoyer et à l’analyse des courriers reçus.

Nous pouvons également utiliser la Messagerie Instantanée (MSN, Skype, Chat, ICQ). On peut définir ce système comme une extension du courrier électronique en temps réel permettant en plus d’un échange écrit une conversation audio et même vidéo. Un autre avantage de ce système c’est la possibilité de trouver d’autres personnes ayant les mêmes intérêts et de les contacter grâce à une fonction de recherche. Mais en conseillant aux apprenants l’utilisation de la Messagerie Instantanée il faut être très vigilant puisque pour aller plus vite les normes d’orthographe y sont souvent totalement ignorées lors d’un échange écrit (on peut rencontrer souvent des phrase comme : koi 2 9 ? (quoi de neuf), té u ? (tu es où ?)etc. Cette pratique peut avoir une influence négative pour l’apprenant d’une langue, surtout pour un débutant, mais il est évident que, si la communication se déroule dans le but d’échange linguistique des deux cotés ces types d’inconvenances peuvent très facilement être évités.

L’Internet n’offre pas seulement des ressources linguistiques inépuisables et riches, mais aussi des ressources informationnelles, culturelles, géographiques, visuelles, télévisuelles, ludiques etc. constituant une véritable encyclopédie des connaissances humaines, des dictionnaires sonores monolingues ou bilingues apparaissent sur le web.

De tels échanges ne sont pas limités aux apprenants qui souhaitent améliorer leur niveau linguistique et leurs connaissances culturelles. Ils sont également utiles aux enseignants qui souhaitent se tenir constamment au courant des évolutions linguistiques, culturelles ou bien politiques du pays représentant la langue enseignée.

De plus, de nombreux sites offre des exercices ludiques pour les apprenants de tous les niveaux.

http://www3.unileon.es/dp/dfm/flenet/etudiants.html

http://www.edufle.net

http://www.lepointdufle.net

http://fr.tellmemore.com

http://www.polarfle.com

http://lexiquefle.free.fr

 

Internet nous offre aussi la possibilité d’avoir la formation à distance. Il constitue un moyen technologique d’accès à un vaste choix de cours et exercices proposés sur le web, tout en offrant une autonomie accrue dans l’apprentissage. L’apprenant dispose d’un tuteur qui l’accompagne tout au long de l’apprentissage. Le formateur, bien qu’il soit à distance sera toujours là pour l’aider. L’apprenant a la possibilité plus que jamais d’accéder à son cours n’importe où et n’importe quand, dès lors qu’il a accès à un ordinateur et à une connexion Internet, donc il peut étudier plus à son aise, selon ses disponibilités, le matin ou le soir, chez lui ou ailleurs. Un inconvénient majeur du système de formation à distance est l’absence physique du formateur qui peut affecter la qualité de l’apprentissage et peut-être freiner les résultats.

Des logiciels d’apprentissage des langues de plus en plus sophistiqués apparaissent aujourd’hui, allant jusqu’à la reconnaissance de voix. L’avantage de ces logiciels c’est le niveau d’interactivité extrêmement élevé, la possibilité d’autocorrection des exercices mais aussi de prononciation, offrant à la fois des contenus textuels, audio, vidéo, ils sont beaucoup plus ludiques par rapport aux supports traditionnels (papiers, cassette audio, cassette vidéo), ce qui peut jouer un rôle positif pour la motivation des apprenants. Mais il ne faut pas avoir une « illusion technologique », ces logiciels ont de vraies limites. Le jeux de rôle, la simulation interactive peut être un mode stimulant d’apprentissage si l’apprenant arrive vraiment à saisir le sens et à produire des réponses. Mais s’il n’est pas en mesure de repérer le sens, ce type d’exercices n’aura pas de résultats ou se limitera à améliorer la prononciation. Il faut aussi remarquer que pour la reconnaissance vocale ce n’est pas tellement la prononciation mais plutôt l’intonation d’un exemple donné qu’il faut suivre, il arrive souvent que le logiciel ne reconnaît pas la voix du locuteur natif si celle si n’a pas la même courbe intonative. 

On notera aussi l’absence de contrôle et donc de l’obligation, qui peut jouer un rôle négatif pour la motivation. Donc l’importance de l’apprentissage guidé par un tuteur (ce sera idéalement un enseignant de langue) reste très grande lors de l’utilisation de la machine dans l’apprentissage.

La qualité de l’enseignement n’est pas directement  liée à la présence de l’ordinateur et d’Internet dans les classes des langues. Les outils et supports traditionnels restent à notre disposition. Mais s’il  a été possible jusqu’à nos jours d’enseigner des langues sans l’utilisation de l’ordinateur, de l’Internet, la reconnaissance que nous avons de ce média nous permet d’accroître l’efficacité du processus d’enseignement en ce qui concerne, en particulier les conventions sociales, les expressions verbales ou non verbales, les implicites culturels. De plus, étant plus ludique, l’Internet provoque l’implication effective de l’apprenant ce qui constitue l’une des forces moteur de l’apprentissage. De plus, si l’enseignant évite l’Internet, les apprenants ne l’évitent pas, donc il est bien de l’introduire dans la classe de langues pour ne pas être en décalage avec les pratiques, les habitudes extra scolaires et la façon de penser des apprenants qui sont dans la plupart des cas en parfaite harmonie avec ce nouveau média qui a pris et continue de prendre une place définitive dans notre vie, dans notre environnement quotidien.

Mais bien entendu, intégrer l’Internet dans les classes des langues ne veut pas dire remplacer l’enseignant par la machine. L’outil technologique ne sera efficace que s’il est bien conçu et guidé par l’enseignant. Les apprenants ne peuvent pas aller sur n’importe quel site, faire n’importe quelle activité, utiliser n’importe quel logiciel car tout effort et tout le temps serait perdu sans une bonne organisation et un cursus donné par l’enseignant. Mais pour parler de l’efficacité il y a plusieurs facteurs à prendre en compte : tout dépend de la motivation de l’apprenant, de son niveau, de sa capacité linguistique et sa capacité à apprendre, des besoins de communication qu’il peut avoir ou non. L’utilisation de la machine sera plus efficace et donnera de meilleurs résultats lorsqu’elle n’est pas la seule source d’apprentissage et qu’elle n’est qu’un supplément.

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